Soirée d’ouverture du Brussels Film Festival

Articolo pubblicato il 21 giugno 2016
Articolo pubblicato il 21 giugno 2016

Attenzione, questo articolo non è stato ancora editato, né pubblicato in alcun gruppo

Le Brussels Film Festival a ouvert ses portes vendredi dernier Place Flagey. Des dizaines de cinéphiles ont déserté l’Euro et le petit écran pour assouvir leur faim de films. CaféBabel s’est rendu sur place.

Le premier semestre 2016 fut délicat pour la Belgique, les grèves et les attentats n’étant que quelques exemples des difficultés auxquelles a fait face le pays. C’est par ce constat qu’Ivan Corbisier, directeur du festival, a ouvert les festivités. Il a rappelé l’importance de la culture pour relever les défis actuels, quelques heures après l’homicide de Jo Cox en Angleterre.

Cette vision transparaît dans l’identité des deux invités, qui sont tous deux intervenus dans la soirée. Le premier, le réalisateur Volker Schlöndorff, est une des figures du nouveau cinéma allemand des années 1990. Ses films ont toujours été très engagés dans la lutte contre le terrorisme. Lors de son intervention, il a affirmé que les festivals étaient extrêmement importants pour préserver le cinéma.

Le second invité, l’acteur et humoriste Guy Bedos, s’est d’emblée fait remarquer en se demandant ce qu’il faisait ici, provoquant des rires dans le public, avant de s’en prendre au Premier ministre français Manuel Valls : « j’ai envie de lui piquer la gueule ». L’acteur sera célébré demain à l’occasion d’une soirée au théâtre 140.

La Pazza Gioia

C’est le film, La Pazza Gioia, du réalisateur italien Paolo Virzì, qui a ouvert le bal et a suscité l’hilarité ainsi que beaucoup d’émotions. Deux femmes occupent les rôles principaux: la retentissante Valeria Bruni Tedeschi, qui avait déjà joué dans le film Les opportunistes du même réalisateur, et la convaincante Micaela Ramazzotti, véritable muse de son mari Paolo Virzì, abonnée au rôle de femme vulgaire qu’elle joue à merveille.

Deux amies particulières, deux folies complémentaires où, de temps à autres, le sourire devient sérieux et nous fait réfléchir à la manière de regarder les déficients mentaux. Ce film nous plonge dans les sentiments des protagonistes, et tout spécialement l’amour. “J’ai cru m’endormir”, m’a dit mon voisin à la fin du film, tout en séchant les larmes.

Le monde est divisé en deux: ceux qui sont mauvais, c’est-à-dire la plupart des gens, et ceux qui ne le sont pas, comme moi”, assène l’actrice Valeria Bruni Tedeschi dans le film. À la question “Où est-ce qu’on va”, posée par cette dernière, Micaela Ramazzotti répond “On cherche un peu de bonheur”. Le bonheur, le défi que chacun de nous cherche dans sa vie, en le pensant loin et inaccessible.

L’une, Valeria Bruni Tedeschi, a grandi dans une famille aisée, mais n’a pas été capable de trouver le bonheur malgré l’argent dont elle disposait, préférant suivre un criminel qui lui a fait perdre toute sa fortune ainsi que celle de sa famille. L’autre, Micaela Ramazzotti, a été abandonnée par son père, toujours absent, et négligée par sa mère incapable de prendre soin d’elle-même. Les deux protagonistes se racontent leur vie respective dans l’un des moments les plus émouvants du film. Quand Micaela Ramazzotti affirme “je suis née triste”, son interlocutrice lui répond “moi aussi”, traduisant une réalité: quelque soit le milieu social d’où on vient, le manque de soutiens affectifs conduit à la tristesse.

Ce film est une sorte de portrait de l’Italie. Des références à la corruption et l’argent à des répliques telles que “Rappelle-toi qu’on est en Italie” ou “Dans la vie, ce qui importe, ce sont les contacts”, les références à la Botte sont multiples. N’oublions pas que ce film traite de la psychiatrie et trouve donc un écho particulier dans le pays natal de Franco Basaglia. Ceci doit nous faire réfléchir à la médecine et aux différentes thérapies pour soigner les malades psychiatriques, qui ne sont parfois pas les plus adaptées.

Mais ce long-métrage marque surtout le début d’une orgie cinématographique à venir Place Flagey.