Libertà di stampa: si inaspriscono i divari in Europa

Articolo pubblicato il 18 luglio 2017
Articolo pubblicato il 18 luglio 2017

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Dal 1994, la giornata del 3 maggio è dedicata alla libertà di stampa. Per l'organizzazione Reporter Senza Frontiere (RSF) e le instituzioni dell’Unione europea, prima tra tutte il Parlemeno europeo, è l'occasione per informare e fare il punto sullo stato della libertà di stampa nel mondo.

Dal 2002, per sensibilizzare le persone e le autorità pubbliche sulle questioni della libertà di stampa e del suo stato nel mondo, Reporter Senza Frontiere classifica i paesi secondo la possibilità dei giornalisti di esercitare libermanete la propria professione, senza temere pressioni, minacce e senza avere paura per la propria vita.

La classifica si basa sul calcolo di un indice attribuito ad ogni paese: quanto più l'indice è debole, tanto più il giornalismo può essere liberamente esercitato. Oggi, la clissifica si fonda su un questionario tradotto in più diventi lingue e inviato a diversi esperti in tutto il mondo. Gli esperti e i giornalisti devono così esprimere la propria opinione sullo stato del pluralismo, dell'indipendenza dei media, del contesto e dell'autocensura, del quadro legale, della trasparenza e della qualità delle infrastrutture che contribuiscono a produrre l'informazione. Il questionario tiene conto anche degli elementi oggettivi, in quanto gli abusi e le minacce dei quali ogni anno sono vittime i giornalisti sono inventariate.

Una situazione eterogenea tra le regioni del mondo

Da tutte le edizioni emergono disuguaglianze molto forti tra le regioni del mondo. Se consideriamo alcuni continenti nel loro insieme, si vede chiaramente che l’Europa è in testa e, nel 2017, rimane il paese migliore in cui esercitare il giornalismo in tutta indipendenza e libertà. L’Asia, invece, non tiene il passo, con numerosi paesi che si sono classificati agli ultimi posti (Corea del Nord, Cina, Vietnam, Laos, Iran, Arabia Saoudita, Yemen, ecc.).

La classifica, in più, permette di minare alcuni pregiudizi: possiamo così renderci conto che, anche se, in modo generale, le democrazie occidentali sono intesta alla classifica, queste hanno hanno anche da imparare dai paesi meno ricchi. Questa osservazione è stata fatta fin dalla prima edizione della classifica, nella quale l’Italia si trovava dietro al Benin, per esempio. Quest'anno, il Costa Rica e la Jamaica si sono classificati tra i primi dieci paesi, superando di gran lunga la Francia (39a) o ancora l’Italia (52a).

La libertà di stampa è una delle caratteristiche di un regime democratico ed è necessaria. La classifica di RSF vuole anche ricordarci che la creazione della ricchezza e l'arricchimento di un popolo o di uno Stato non è sistematicamente accompagnata dalla democratizzazione del regime in vigore. Singapore, città-stato dalla ricchezza inaudita, si classifica solo al 15° posto (ma 8° per quanto riguarda il PIL procapite). Ne danno la prova anche i paesi considerati potenze emergenti. Per esempio, il Brasile (103°), il Nigeria (122°), l’Indonesie (124°), l’India (136°) e la Cina (176°) non fanno parte dei paesi virtuosi anche se alcuni di questi paesi sono considerati democratici.

Una liberta di stampa in calo sul continente europeo

Fin dall'inizio, l'organizzazione Reporter Senza Frontiere aveva constatato che la libertà di stampa era minacciata ovunque. Negli ultimi anni, RSF cerca di far vedere che la situazione in Europa non smette di peggiorare. La posizione della Polonia, per eeempio, si è aggravata nel giro di due anni, passanda en passant de la 17e place en 2015 à la 54e actuellement. Cela est dû notamment à l’emprise qu’a prise le parti Liberté et Justice (PiS), au pouvoir depuis le deuxième semestre de 2015, sur les médias du service public.

L’élection présidentielle française a aussi mis en avant le comportement de certaines personnalités politiques. C’est le cas de François Fillon (Les Républicains, PPE) qui n’a pas hésité à s’en prendre avec véhémence aux journalistes lorsqu’il se trouvait empêtré dans des affaires le mettant en cause et nuisant de ce fait à sa campagne. C’est le cas, aussi, de Marine le Pen (Front National, ENL) qui refusait l’accès à ses meetings et réunions publiques à certains journalistes. Plus récemment encore, le nouveau Président de la République française, Emmanuel Macron, n’a pas hésité à sélectionner les journalistes pouvant le suivre lors de son déplacement au Mali.

Les temps sont donc plus difficiles pour les journalistes européens ! La campagne menant au vote du Brexit et l’élection de Donald Trump marquent de nouvelles étapes dans la création d’un climat délétère pour la liberté de la presse avec une manipulation éhontée des faits. D’autres personnalités politiques telles que Beppe Grillo en Italie souhaitent contrôler la presse en proposant la mise en place d’un jury populaire chargé de vérifier le travail des journalistes.

Une focalisation des discussions au Parlement européen sur la question des fake news

Le Parlement européen a toujours été très présent sur la question de la liberté de la presse, même si l’institution n’est pas exempte de critiques. En 2010, par exemple, les députés européens avaient refusé, lors d’un vote en plénière, de traiter de l’état de la liberté de la presse en Italie.

Cette année a été l’occasion pour le Parlement de sensibiliser les citoyens européens sur les fake news. La sous-commission en charge des droits de l’Homme a profité de cet événement afin de convier, le 4 mai 2017, trois invités dont Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.

La question de la désinformation est celle qui a préoccupé le plus les députés de la sous- commission. La discussion a notamment rappelé le rôle que jouait la Russie avec deux des médias qu’elle finance (Russia Today et Sputnik). La réponse la plus évidente à de telles campagnes de désinformation est de pratiquer le fact-checking. Toutefois, comme le rappelle Christophe Deloire, cela revient aussi à « labourer la mer ». Il propose donc aux responsables politiques et à la société civile de réfléchir à des mécanismes permettant aux informations vérifiées de mieux circuler.

Après un échange de points de vue qui a duré prês d’une heure, il est intéressant de noter que ce qui préoccupe les députés européens est la situation à l’extérieur de l’Union européenne et l’influence que certains États tiers peuvent avoir sur l’opinion publique européenne. Ces questions sont certes essentielles, mais très peu de remarques ont été consacrées à l’état de la liberté de la presse au sein même de l’Union européenne où l’écart entre les « bons élèves » et les « moins bons » se creuse d’année en année. Il est important pour l’Union européenne de porter attention à la liberté de la presse ailleurs dans le monde. Cependant, elle devrait aussi veiller de manière plus visible à celle au sein de ses États membres. Au final, il en va de sa crédibilité lorsqu’elle agit sur la scène extérieure. Il en va de sa crédibilité de rappeler à certains de ses États membres que la liberté de la presse innerve bon nombre des valeurs que les Européens partagent et défendent.

Article écrit par Pierre Angelloz-Pessey et initiallement publié sur le site de notre partenaire EU logos.